CINÉMATHÈQUE GNIDZAZ

DU 17 AU 30 NOVEMBRE

 

PROJECTIONS DES FILMS

Afghanistan, un État impossible

un documentaire d’Atiq Rahimi

(AFG, 2002, 52min, VOST)

 

Sur de belles images du pays, sur une documentation solide et souvent inédite - archives Pathé, Reuters et Al Jazira -, sur des interviews d’ex-dirigeants et d’actuels chefs religieux, Atiq Rahimi propose un décryptage afin de mieux comprendre les bonheurs et les convulsions du "fghanistan", littéralement "la terre de plâtre et de cris". Une terre chargée d’une histoire tribale de plus de 2000 ans, "écrite par Zarathoustra, Bouddha et Mahomet".
Des luttes d’émancipation de l’emprise des sultans à la formation convulsive des territoires pachtouns, tadjiks, ouzbeks, turkmènes, hazaras, baloutches, nouristanis, badakhs. De l’âge d’or du pays après la Seconde Guerre mondiale, quand l’Afghanistan devint cette "clé de l’Asie" courtisée par les grandes puissances, à l’alliance aliénante avec l’Union soviétique. De la monarchie constitutionnelle instaurée en 1964 par le roi Zaher Shah à la "Loy Jerga", grande assemblée tribale revivifiée aujourd’hui... Un "pays ingouvernable", complexe, composite, à la croisée des influences tant communistes qu’islamistes, "un pays trop jeune pour la démocratie", comme l’analyse le vieux roi Zaher, exilé en Italie depuis 1978. La proclamation de la République islamique en 1992 sera bientôt suivie par l’entredéchirement des partis de la résistance et des groupes religieux, luttes de clans qui aboutiront à la prise de pouvoir des Talibans en 1996, ces "fous de Dieu qui volèrent son visage à la terre".

 

Atiq Rahimi est né en 1962 à Kaboul (Afghanistan), il vit et travaille aujourd’hui à Paris. En 1984, il quitte l’Afghanistan pour le Pakistan à cause de la guerre, puis demande et obtient l’asile politique en France où il passe un doctorat de communication audiovisuelle à la Sorbonne.
Il réalise des films documentaires et adapte en 2004 son roman Terre et cendres, qui présenté au festival de Cannes, obtient le prix « Regard sur l’avenir ». Il reçoit en 2008 le prix Goncourt pour son livre Syngué Sabour (Pierre de patience).

La nuit remue

de Bijan Anquetil

(AFG, 2012, 45min, VOST)

 

Partis d’Afghanistan, Sobhan et Hamid sont parvenus en France au terme d’un périple de plusieurs années où ils ont maintes fois frôlé la mort. Déboutés du droit d’asile, ils consument leur jeunesse dans l’attente d’un improbable passage de la Manche. La nuit, devant un feu de bois, ils évoquent en montrant les films enregistrés dans leur téléphone portable, les épreuves terribles d’un voyage qui ne leur a apporté que cette amitié qui les unit. Par une nuit de pleine lune, deux silhouettes avancent le long d'un canal. Cette "nuit qui remue" se concentre sur les sons, les musiques qui sortent du téléphone et surtout les paroles graves de ces deux rescapés. Ils parlent avec des mots bouleversants de leur pays détruit, de la précarité de leurs vies, des compagnons morts dans un naufrage ou sous un camion, de tout ce temps gâché. Les petits films de leurs téléphones révèlent quelques moments de leur odyssée : une longue colonne de réfugiés dans la nuit afghane, les obsèques d’un camarade en Grèce, une manifestation à Calais. On y voit aussi le monde nouveau – et souvent beau - dans lequel ils tentent de trouver une place : la Méditerranée où ils se baignent, Patras où ils regardent défiler le carnaval, Pantin où ils jouent au foot devant leur squat. La fin du film montre Sobhan et Hamid s’éveillant après une nuit sous un pont. La journée commence mal mais, à la vue d’un parterre de fleurs des champs, leurs visages s’illuminent.

MARDI 27 NOVEMBRE à 18h30

 

PROJECTION DU FILM

Nothingwood

De Sonia Kronlund, avec Salim Shaheen

(FR/ALL, 2017, 1h30, VOST)

Projection-débat en présence de Chawali Noori, comédien

 

À une centaine de kilomètres de Kaboul, Salim Shaheen, l'acteur- réalisateur-producteur le plus populaire et prolifique d’Afghanistan, est venu projeter quelques-uns de ses 110 films et tourner le 111ème au passage. Ce voyage dans lequel il a entraîné sa bande de comédiens, tous plus excentriques et incontrôlables les uns que les autres, est l'occasion de faire la connaissance de cet amoureux du cinéma, qui fabrique sans relâche des films de série Z dans un pays en guerre depuis plus de trente ans. Nothingwood livre le récit d’une vie passée à accomplir un rêve d’enfant.

Quand il était en Afghanistan, Chawali Noori, comédien, a joué dans quelques-uns des films de Salim Shaheen. Aujourd’hui, réfugié en France, il fait partie d’une troupe de théâtre à la MJC de Martigues et travaille sur le chantier d’insertion du parc de Figuerolles. Sa présence et son témoignage sont une chance inestimable pour mieux connaître les contours du cinéma afghan contemporain.